Les ouragans et le budget général de la République

Les ouragans et le budget général de la République

20/11/2020 Non Par Simonne

La destruction des ouragans Eta et Iota ne ressemble qu’au massacre causé par Mitch. Le pays fait face à une catastrophe nationale. En soi, on a déjà vu trois ans de baisse du produit intérieur brut (2018-2020) et l’estimation de sa baisse cette année va s’approfondir, s’approcher facilement ou dépasser 8%, au moins s «observer un fort soutien à la coopération internationale, ce qui est peu probable.

En termes politiques, la situation ressemble aujourd’hui à l’époque de la dévastation de l’ouragan John en 1988, lorsque le gouvernement sandiniste était en dehors des circuits des institutions financières internationales et que la position de la communauté internationale était divisé par rapport au régime.

Actuellement, la dictature d’Ortega-Murillo, accusée de crimes contre l’humanité et de violations des droits de l’homme, est isolée sur le plan international et les institutions financières internationales maintiennent une distance politique avec le régime, à l’exception de la Banque centrale américaine d’intégration (CABEI). ce qui ne suffit pas face à la dévastation des ouragans.

Bien que les effets destructeurs n’aient pas été calculés, les besoins financiers sont sans aucun doute énormes. Dans ce contexte, nous rappelons que le projet de budget général de la République pour 2021 est à l’Assemblée nationale, qui a prévu une dépense de 81 528,80 millions de cordobes; cette somme par rapport au Budget-2020, de 80 901,61 millions de cordobes, a juste une augmentation nominale de 0,77%, c’est-à-dire, en termes réels (éliminant l’effet de l’inflation), les dépenses du «Le budget 2021 diminue.

Cependant, si l’on compare ce même chiffre -du budget 2021- avec les dépenses du budget 2020 mis à jour, qui correspond au montant de 83,974,01 millions de córdobas, selon le rapport d’exécution budgétaire du Ministère des finances et du crédit public (MHCP), au contraire, les dépenses diminuent nominalement de moins de 3,0 pour cent, de sorte que la projection des dépenses est très contractuelle – bien que l’économie ait diminué -, en revanche à celui souligné par la théorie économique, qui recommande d’augmenter les dépenses publiques lorsque l’économie s’effondre.

Avec les calamités qui se produisent, les projections du budget 2021 explosent, elles ne servent plus. La destruction des infrastructures, de la santé, de l’environnement, entre autres, doit être quantifiée. Dans ce contexte, tout parlement ou congrès renverrait le projet de budget pour que l’exécutif le reformule et que cette reformulation soit incorporée dans l’avis de la loi. Cela s’est produit avec le budget public de 1999 face à la dévastation de l’ouragan Mitch. Cela va-t-il arriver maintenant? Qui sait.

Mais où serait financée l’augmentation des dépenses? Cela n’est possible que grâce à la coopération internationale, à travers des prêts concessionnels et des dons extérieurs, car le pays ne dispose pas des ressources internes pour financer la reconstruction. Compte tenu de la méfiance à l’égard de la communauté internationale et de la grande majorité des Nicaraguayens dans la dictature d’Ortega-Murillo, la coopération financière internationale ne devrait être possible que grâce au contrôle direct des organismes de financement et à leur mise en œuvre par l’intermédiaire des institutions qu’ils désignent.

En outre, il devrait réaffecter les dépenses publiques du budget 2021, c’est-à-dire transférer les ressources budgétaires des institutions qui ne sont pas liées au redressement du Nicaragua – par exemple, la police nationale, le bureau du procureur, la Cour suprême de justice, entre d ‘autres-, aux institutions liées à la reconstruction, comme c’est le cas du ministère des transports et des infrastructures.

Nous verrons si le régime permet un contrôle international et réaffecte les ressources budgétaires ou laissera le peuple nicaraguayen sombrer.

L’auteur est un économiste.